La Cagiva 125 team : une moto de passion

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Mardi, 15 Septembre 2009 09:52
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Modele Freccia *
article de presse
Evolution de la freccia
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frecciaLa Cagiva Freccia: l'éternelle jeunesse.


Qui
n'a pas rêvé de trouver l'âme sœur, de parfaitement correspondre en un instant
magique , de se trouver en harmonie avec soi-même et le monde qui nous entoure
pour un moment privilégié? En matière de moto comme du reste, la vérité n'est
pas évidente et prend toutes les formes possibles, se révélant à certains
d'entre nous.


J'ai eu cette chance, par le plus grand des hasards.


Autant vous le dire tout de suite, ma
première moto fût une Cagiva, une Freccia C12R de 90,
achetée à l'état d'épave roulante. Utilisée un moment,
refaite et revendue, j'en garde un souvenir confus mais agréable. Le "
gros cube" m'attendait et accaparait mes pensées. Je crois que c'est ça
qui m'a à l'époque empêché d'apprécier
cette petite moto à sa juste valeur. Depuis, j'ai eu l'occasion
d'essayer de nombreuses machines, toutes plus déraisonnables et puissantes les
unes que les autres. Des vieilles et des neuves, d'anciennes gloires et de
nouvelles égéries…


Mais un truc me tracassait depuis très
longtemps: dans les années 80 et 90, tous les ans, les journalistes de
Moto-revue et de Moto-journal avaient pour habitude de se battre pour avoir le
privilège de couvrir "l'essai 125" et faire frotter les sliders dans
chaque virage qu'on leur mettrait sous les roues. Pourquoi ces professionnels
aguerris se pâmeraient-ils devant ces brélons d'à peine 30 canassons, pourquoi
eux si habitués à des machines de "grands" se prendraient-ils au jeu
avec des mobylettes?


Cette chose m'a été révélée par chance,
tout bêtement: Un de mes amis s'est vu dans l'obligation de faire de la route
pour son travail et m'a arraché sans peine une vilaine ax mazout qui ne me
servait pas. En échange de quoi, il m'a cédé, devinez quoi? Une vieille
Freccia, passablement défraîchie, mais entière. Je dois vous avouer que je n'ai
pas hésité une seconde de trop. Je prend la vilaine auto qui pue et, à l'heure
dite, ma voilà devant la bête promise.


Pour l'heure, elle est démonté, le
carénage d'un côté et le réservoir de l'autre, le pneu avant dégonflé, le
batterie absente. La magie opérait déjà mais je ne le savais pas encore. En
quelques minutes, le tout devient une, sur ses roues. Un peu de poussette et
elle craque, crachouille, hoquette, hésite. Encore un peu, elle tient un semblant
de ralenti, puis elle consent à accélérer un peu. Je juge que c'est suffisant
mais ce n'est pas sans une certaine appréhension que je me prépare à faire 35
kilomètres en pleine campagne, à la nuit tombante. Effectivement je n'ai pas
fais cent mètres que je perd la tringlerie de sélection de vitesse. On dévisse
l'olive, revisse la tringle, remonte et règle; c'est reparti…


Les premiers kilomètres crispés se
passent, je guette tous les bruits qui me semblent suspects, deux doigts sur
l'embrayage; je ne sais pas encore à quel moment exact je vais tout prendre
dans le museau et l'ange sur mon épaule droite me serine que je suis malade
tandis que le diablotin à gauche se roule dans une flaque de larmes en se
tenant le ventre.


C'est en sortant d'une agglomération,
une fois dans le noir relatif de la nature, livré à moi même, que ça s'est
passé… la lune éclaire la route, elle serpente entre les vignes. Je n'ai pas
fais réellement exprès, le moteur a pris des tours et le plaisir est arrivé,
comme ça. Doucement.


Posé sur cette jolie selle, pile sur le
gras du couple-moteur, j'ai fais mentir l'ange et le diable. J'ai enroulé ces
courbes sur l'Essentiel de la Moto, cette licorne de légende, légère et
puissante sans excès, typée mais pas vulgaire, simple et généreuse. A cet
instant, je me suis demandé pourquoi j'aurais eu besoin d'autre chose, qu'est
ce qui m'aurait fallu de plus, de moins. Une plus neuve? Non, pourquoi faire?
Plus de chevaux? Dans cette courbe là, plus de cavalerie m'aurait fatigué
l'esprit et m'aurait fait passer à côté de ces sensations.


Non, j'étais bien sur cette petite
Freccia, ni trop ni trop peu.


Je l'ai ramené à la maison et lui ai
offert une révision plus poussée, histoire de continuer à faire mentir les deux
larrons en foire. Et à chaque fois que je monte dessus et que je met le
contact, je me souviens de ce bout de bonheur qu'elle m'a offert.




Un peu d'histoire et de cambouis:


Cette moto n'est pas gratuite; rarement
les constructeurs font de gros cadeaux sans arrières pensées mais là, c'est
même l'inverse. Une 125 au prix d'un gros cube, c'est possible, et spécialement
avec nos amis Italiens. Le C9, le C10 et le C12r ou le SP ne sont que la
confirmation de la règle qui ne s'est pas démentie par la suite. Elles valaient
cher pour des mobylettes.


Au milieu des années 80, les frères
Castiglioni, propriétaires de la marque Cagiva, se portent acquéreurs de Ducati
dans le but non pas de relancer la marque, mais de s'adjoindre une usine de
moteur de grosse cylindrée. Leur but était de commercialiser une Cagiva de
route avec le moteur Pantha si cher au cœur des aficionados. L'histoire nous
montrera que cette stratégie ne leur a pas aussi bien réussi que dans leurs
espoirs, mais c'est une autre histoire.


Le projet Paso vint au monde assez
rapidement en suivant, aidé par des motoristes comme Bordi et Tamburini au
design. Le succès fut fulgurant, la presse unanime, la moto bien née. Mais,
alors qu'une GSXR de 140 chevaux vous fait de l'œil pour 40000 frs à peine, le
Paso en offre 75 pour …70000 francs…


Qu'à cela ne tienne! On en a fait une
pour Papa, le fiston aura la sienne. La C9 est calquée sur le Paso à la ligne
près, même dessin de jantes, même style de carénage, un drôle de garde boue
avant enveloppant mais pas les rétros-cligo-rigolos, qui font curieusement
penser aux oreilles de l'éléphant, symbole de la marque Cagiva. Les pots
d'échappement débouchent sous la selle et les coloris claquent terriblement. 27
chevaux et un peu de couple, pour 120 kilos à sec pour cette tueuse de Van-van.


La C10 gagnera ces fameux
rétroclignorigolos l'année suivante, ainsi que des coloris plus dignes et une
pincée de chevaux.


La C12R et le C12 sp, quand à elles,
voient leur disque de frein avant gagner les dimensions de moto très sérieuses:
un disque en 300 sur étrier Brembo, ça ne plaisante pas du tout. Le garde boue
avant reprend le dessin de la gamme Paso ainsi que des jantes à trois bâtons de
style plus moderne, les coloris disponibles sont beaucoup moins kitch avec des
décos racing du plus bel effet. C'est cette année que le moteur reçoit en même
temps une valve à commande électronique et une septième vitesse, chose inconnue
et insolite. Les puissances annoncées vont de 30 à 35 chevaux selon les
sources. Il faut retenir qu'une bonne machine bien réglée pouvait tenir un 160
kilomètre/heure au chrono, environ 180 au compteur, avec des accélérations
réjouissantes après 7000 tours/minutes.


Le règne du Paso pris fin en 93 avec le
907 IE, remplacé instantanément par la fabuleuse 916. le Freccia eut un sort
comparable, évincée par la Mito I et surtout la Mito EV, copie conforme de
cette 916.

 



Mis à jour ( Jeudi, 18 Mars 2010 16:45 )
 

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