La
supercity vue a travers un membre
Conpte rendu de manolo
Je me décide à faire
part de mon expérience de la CAGIVA Supercity (version 34cv)
pour
apporter les détails qui manquent à tout ce qu'on
peut trouver sur
internet.
Après 14 000 km en 2 ans à son guidon, j'ai envie
de
partager mon expérience de cette sympathique italienne au
coeur
chaud-bouillant qui n'a pas rencontré un grand
succès malgrè son
originalité et ses performances.
Je vous dresse donc un essai complet, un peu long mais photos
à l'appui car peu de gens ont pu voir cette moto sur la
route.
La
moto est esthétiquement assez réussie
à mon goût. On aime ou on aime
pas, mais elle ne laisse pas indifférent. Un
mélange de
trail/supermotard/GT sympathique, à la fois
agréssif et joueur, même si
les coloris auraient gagné à être un
peu plus "flashy". Je possède la
version bicolore Orange/gris (en fait un rouge qui tend sur le orange
fluo... assez sympa) et elle aurait tout gagné à
être en orange
intégral.
La
finition reste légère à mon
goût pour une moto affichée neuve, à
l'époque où on en trouvait, à
près de 28 000 FF (pour un trail ultra
sportif, c'est cher payé, surtout que ce prix
était le prix "PROMO")
Certe
elle reprend le bloc moteur de la MITO, mais cette dernière
possède des
atouts techniques et une esthétique autrement plus
valorisants.
Ici,
point de cadre périmétrique alu mais un simple
double berceau en acier.
Point de bras-oscillant "banane" non plus, un simple droit
renforcé.
On
a une position de conduite très droite, contrairement
à ce que l'on
peut lire sur la SuperCity sur le Web, où on annonce une
position
portée sur le guidon. Selle fine, creusée
près du reservoir et un peu
dure, un trail quoi !
Le
guidon tombe naturellement sous la main et la position
s'avère
confortable. Les genoux ne sont pas trop pliés berf, on est
plutot bien
installé. Avec mon mètre 76 mes 2 pieds touchent
le sol à plat.
Le
bloc compteur est lui aussi identique à la Mito :
Compte-tour, compteur
de vitesse/trip partiel/total, voyants de cligno/phares/plein
phares/niveau d'huile/point mort, cadran de température,
rien ne manque
sauf une jauge d'essence.

le nouveau compteur et l'ancien compteur
On met la clef de contact sur ce tableau de bord très
typé sport et pour le moins imposant : CONTACT !
A presque 18000km la petite démarre toujours du premier coup
au moindre éffleurement du bouton START.
OK, à la première approche on est
déçu du feulement de la petite bête au
ralenti.
A
l'attaque le ton change, le silencieux double sortie fait son effet. Un
bruit de 2T OK, mais dopé au amphétamines !
passé 7000 tr/min le son
est un régal (pour un 2T). Par contre la moto vibre pas mal
en dessous
de ce régime.
Direction le grand ruban...
Sur cette version à boite 7 vitesses la première
est très très courte, et la SuperCity ne demande
qu'à partir en Wheel !
2ème,
3ème, ça y est, le tempéramment de la
moto se dévoile ! Elle vous
propulse fort pour une 125 et il faut s'accrocher au guidon pour ne pas
se laisser delester par la bête quand elle grimpe dans les
tours (celà
reste relatif hein, c'est un 125).
4ème, 5ème,
en 6ème on atteind déjà le 145 km/h
7ème,
là par contre, on est parfois déçu,
elle est vraiment trop longue cette
7ème, le moindre vent de face et on est obligé de
rester en 6ème sous
peine de redescendre à 140 km/h. Par contre, dans des
conditions
optimales, le 160 est atteind avec aisance pour un trail 125cc
Chose
intrigante : que l'on soit couché tête dans la
bulle ou droit, on tient
le 160 compteur, ni plus, ni moins... La tête de fourche fait
bien son
travail.
Le bémol vient du poids léger de la moto qui vous
fait
tanguer un peu par vent fort ou avec les turbulences en doublant les
camions.
Le
frein avant freinne super fort (brembo Or diam 320mm), aucun soucis de
ce côté là. D'ailleur le train avant
semble avoir été pris sur une
grosse cylindrée (fourche inversée
diamètre 43 !). Le seul reproche
sera pour la fourche trop molle qui plonge très fort
à chaque freinage
et un amortisseur arrière un peu dur. Du coup, j'ai souvent
une drole
d'impression en virage sérré, comme si l'avant
allait glisser. Ca n'est
jamais arrivé, mais le petit malaise est là et
m'empêche de pencher
trop fort (me reste 1cm de bande de "peur")
Fini les pointes sur autoroute, bonjour la ville et la campagne.
Là on peut jouer !
équipée
d'un Michelin PILOT Sport en 120 à l'avant et d'un
Continental
CONTI-FORCE SM en 150 à l'arrière (je ne connais
pas la monte de pneus
d'origine), les virages sont un régal. Sur
revêtement "sain" on peut
enrouler sans problèmes, la direction est
précise, la tenue de route
impéccable, la moto est joueuse, agile,
légère, sur revêtement sain !
sur les bosses c'est une autre paire de manches car elle a tendance
à
guidonner un peu et à rebondir. Mais la SuperCity se laisse
dompter
sans trop de mal : c'est un vrai jouet ! On accroche le guidon
très
fort et tout va bien.
Par contre j'ai personnellement du mal à
trouver la bonne façon d'arsouiller sur la Supercity :
Sortir le pied
façon SuperMot' ou tête dans le guidon et genou
sorti... (arsouiller si
on peu dire, arsouiller en 125 peu se faire sur un circuit, pas sur de
grandes nationales comme par chez moi)
La SuperCity porte
merveilleusement bien son nom : on se sent le roi, on domine la route,
on peut donc anticiper facilement. Elle est très agile, se
faufile
partout, et envoie "grave la purée" quand on en a besoin !
LE DUO :
Alors
là elle perd de sa superbe. Elle n'aime pas le surpoids
cette bête là
et vous le fait sentir : la direction devient plus lourde mais surtout
le moteur semble souffrir quand on l'entend crier à bas
régime. Le son
devient très sourd, et il faut rester constamment au dessus
de 7000 tr
sous peine de se trainer et de ne disposer d'aucune reprise.
Le
passager se tient parfaitement grâce au porte paquet
arrière qui fait
office de poignées de maintient (que j'ai
supprimé pour des raisons
esthétiques), mais vous poussera sur le reservoir
à chaque freinage.
La selle est glissante et trop creusée pour qu'elle soit
vraiment confortable en duo.
Cependant,
malgrès son air de chien battu en duo, la SuperCity tient le
150 sans
problème sur autoroute une fois
élancée, mais pas trop longtemps (2T
oblige).
En résumé, la SuperCity est
parfaitement
à l'aise en ville, elle y est redoutable même.
Les
routes de campagnes sont un terrain de jeu également propice
à la
Cagiva ou on peut utiliser au mieux sa plage d'utilisation qui va de
7000 à 11000 tr/min.
L'autoroute ne lui fait pas peur, mais il faut
avouer que les fesses en prennent un petit coup au bout de 50km
non-stop. Rien de dramatique tout de même, j'ai
déjà enquillé 300km
aller/retour sans ressentir de gêne m'obligeant à
m'arrêter.
L'équipement est limité au strict minimum :
Pas
de place pour ranger quoi que se soit, la trousse à outils
(bien
complète) est juste accrochée sous la selle par
un élastique, aucune
place pour accrocher un hypothétique antivol, et le starter
au carbu
fait vraiment "cheap", même si avec l'habitude il tombe
facilement sous
la main même avec les gros gants d'hiver. Pas de
béquille centrale au
catalogue non plus.
Elle offre des sensations phénoménales pour
un 125, peut-être plus que la Mito même, en
accélération, du fait d'une
transmission un peu plus courte.
question fiabilité, mis à part
avoir dû changer Piston/bielle/roulements de bas moteur et
Volant
d'allumage pour cause d'avoir attendu trop longtemps pour faire la
segmentation (une longue histoire...), je n'ai jamais connu de panne en
2 ans. Le seul petit problème fut une bougie usée
qui me faisait
plafonner à 140 km/h...
Dommage que son prix était trop élevé
par rapport à ce qu'elle propose. A moins que les sensations
se paient le prix fort
et dans ce cas, je comprends, elle en donne !